Les déchets dans la rivière de la Bèthe vont être ramassés

20/10/2018

Près de dix-huit mois après les terribles inondations du 13 juin 2017, la rivière de la Bèthe reste une décharge à ciel ouvert. Les détritus en tout genre proviennent de l'ancienne décharge de Costaros qui avait été éventrée par les flots d'une violence inouïe. On se souvient que la décrue avait abandonné sur les berges des quantités impressionnantes d'immondices, des ferrailles et des bouteilles mais aussi une abondance de plastiques dans un entrelacs inextricable de bois et de racines cassées. Sur plusieurs centaines de mètres, le « spectacle » était affligeant. Depuis, rien n'avait changé dans ce décor ubuesque. L'on redoutait même une réhabilitation impossible tant les jours passaient et que rien ne changeait.
A partir du 12 novembre prochain, c'est un chantier exceptionnel qui va démarrer avec le ramassage de ces tonnes de détritus par des ateliers d'insertion. Une opération prévue dès le départ mais qui avait été retardée en raison de la recherche de financements et la découverte d'infimes quantités d'amiante nécessitant l'intervention d'entreprises spécialisées. Les services de l'Etat, notamment de la DIRECCTE, travaillent d'arrache-pied depuis des mois pour résoudre un problème quelque peu insoluble.
Le SICALA (syndicat intercommunal d'aménagement de la Loire et ses affluents) est l'organisme qui va mobiliser et coordonner les équipes d'insertion.
« Nous avions pensé ramassé les déchets une fois que le solution aurait été trouvée pour l'ancienne décharge de Costaros mais nous préférons ne pas attendre plus longtemps : il faut éviter à tout prix qu'une deuxième couche de végétation ne gène davantage encore le ramassage », explique son directeur Etienne Fautrad. « Nous n'avons pu obtenir le financement qu'au printemps dernier. Il était alors impossible de débuter le chantier avec la végétation. Au début novembre, une entreprise va intervenir pour traiter les déchets amiantés découverts le long du ruisseau », poursuivait-il.
Plusieurs chantiers d'insertion seront déployés dès le 12 novembre par roulement : La MPT de Brives, les ateliers de la Bruyère, Meygalit, le CCAS du Puy, le SICALA et probablement les Restos du cœur. Au total, il est prévu cent jours de travail pour une équipe de six personnes, soit jusqu'à la fin décembre ou plus selon les éventuelles intempéries. Le volume susceptible d'être collecté est évalué à environ 200 m3.
« Nous allons progresser de l'amont vers l'aval.Des bottes de paille seront disposées au pied de la décharge pour délimiter les zones d'intervention et empêcher la fuite de déchets », indique M. Fautrad.
Un tel chantier nécessitera de prendre une multitude de précautions. Il va sans dire que cette main d'oeuvre sera sensibilisée aux risques sanitaires et sera équipée de gants et de bottes, de pinces et de sacs de ramassage. En effet, par endroits, les déchets sont présents sur plus de 5 mètres de large, le long de terrains agricoles, de part et d'autre du ruisseau. Notons également la présence de déchets plastiques  dans les arbres jusqu'à une hauteur de 5 mètres. Le risque majeur pour le milieu réside aussi dans la présence de produit éventuellement toxiques (piles électriques, résidus médicamenteux etc).L'enlèvement de ces déchets sur ces terrains agricoles s'avère prioritaire pour éviter toute contamination et blessures aux animaux par ingestion.

Sur un volume global de décharge représentant une surface d'environ 1900 m2 sur une hauteur de 8 mètres, soir 15 200 m3, les trois quarts ont été entraînés par les inondations, dont une petite partie a comblé le premier bassin de la lagune de Costaros. Cette quantité impressionnante entraînée par les flots le long du ruisseau de la Bèthe, surtout depuis la décharge, s'étale jusqu'à environ un kilomètres, à quelques encablures du pont de Bessarioux.