L'exposition sur la Grande guerre se clôture dimanche 11 novembre

02/10/2018

Quatre vingt treize jeunes hommes, nés ou habitant au Brignon, ont laissé leur vie dans les combats qui ont ensanglanté la France entre 1914 et 1918. Depuis quatre ans, la commune a souhaité leur rendre un hommage particulier à travers une exposition présentée dans la salle de la mairie rénovée.
Il y eut à l'origine un long travail de recherche effectué par Jonathan Harris, adjoint au maire aidé de Hugues Bony, de Maggy Harris et de Bruno Bayon de Noyer.
Il a fallu d'abord se plonger dans les archives, se pencher sur l'état civil pour en savoir un peu plus sur ces soldats morts pour la France, loin des terres vellaves. Il a fallu aussi rassembler une multitude d'objets et documents appartenant à cette époque, les accrocher aux cimaises ou les mettre en valeur dans des vitrines prêtées gracieusement par le Pays d'art et d'histoire. Ce furent de nombreuses heures qui y ont été consacrées pour un travail mené minutieusement.
On découvre ainsi des munitions, des armes, des obus, des grenades, masques à gaz, des casques mais aussi des décorations, des plaques commémoratives, des lettres poignantes, des gravures etc.
L'idée exprimée par le maire Jérôme Bay a été se remémorer cette époque : "notre commune du Brignon a payé un lourd tribut à la guerre avec près de 6% de sa population décimée alors que la population était en 1911 de 1600 habitants". Et d'ajouter : "ce sont des héros pour lesquels il est juste et nécessaire de leur rendre hommage, mais n'oublions pas tous ces soldats revenus, souvent blessés, qui ont fait la guerre. Ils ont aussi valeur de héros, nous nous devons de leur rendre hommage", expliquait-il.
Ainsi, peux-t-on connaitre davantage ce que fut la guerre pour les soldats Laurent, Meunier, Liabeuf etc, habitant Le Brignon ou les environs. Ils en sont revenus terriblement éprouvés du conflit. On identifie sur une carte les zones de combats où certains de ces soldats ont gagné leur galon. Merci aux personnes qui ont prêté des documents. Sans nul doute, certains y reconnaitront l'un de leurs parents. Une exposition qui s'adresse aussi aux jeunes et aux enfants afin que leurs questions bien légitimes ne soient jamais laissées sans réponse car ne pas permettre à ces jeunes de savoir, c'est laisser le champ libre à la réitération des erreurs de jadis.
L'exposition est visible à la salle de la mairie aux heures d'ouverture jusqu'au 11 novembre avec une cérémonie particulière organisée avec l'école.

Hommage à Pierre Liabeuf à Beaugency

Le vernissage de l'exposition sur la Grande Guerre à Beaugency permet de mieux appréhender la vie quotidienne dans une ville de l'arrière, située loin du front et des combats, mais qui en a subi les effets, comme l'implantation de l'hôpital militaire temporaire n°47 au couvent des Ursulines.

Parmi les témoignages de soldats convalescents passés par Beaugency, l'un d'eux mérite qu'on s'y intéresse : celui de Pierre Liabeuf. Originaire de Haute-Loire, ce dernier arrive au front en mai 1915. Alors qu'il séjourne régulièrement en première ligne, au nord-ouest de Verdun, il est blessé à l'avant-bras, le 27 juin 1916. Opéré non loin du front, il est ensuite transféré à Beaugency où il va passer trois mois.

Il en garde le souvenir d'une petite ville, où il pleut souvent, et où il jouit d'une certaine liberté. Il repart pour le front au printemps 1917, sera de nouveau blessé en août et définitivement réformé en février 1918. Lors des recherches effectuées pour retrouver les familles des soldats ayant séjourné à Beaugency, Mathilde Bombeaux, du service patrimoine, Viviane Prin, passionnée par l'histoire hospitalière et généalogiste, et Céline Gardy ont pris contact avec Hugues Bony, arrière-petit-fils de Pierre Liabeuf, passionné par l'histoire de son aïeul.

Accompagné de Gabrielle, sa mère (petite-fille du Poilu), il est venu du Puy-en-Velay pour honorer la mémoire de son ancêtre et présenter les documents en sa possession. C'est avec émotion que mère et fils ont emboîté leurs pas dans ceux de Pierre, plus de 100 ans après.